Maîtres et Associés
Jean-Georges Purgold (1784-1829)
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Le cochon mitré, dialogue entre Scarron et Furetière
[Paris], 1689.
Reliure maroquin violet à décor doré signé Bauzonnet-Purgold.
Chantilly XII-B-54 |
Purgold, originaire de Darmstadt, fut apprenti chez Bozérian et fonda
son atelier après la retraite de ce dernier, en 1810. Il s’installa rue
Dauphine, puis Rue Cassette à Paris. A la Restauration l’atelier avait
déjà une renommée de sérieux et de qualité. Lesné, relieur et poète
contemporain de cette génération, le qualifie de « prince des
relieurs ». Purgold affectionnait les dos plats, rompant ainsi avec la
tradition du dos à nerfs du XVIIIe siècle. Comme toute sa génération,
Purgold commença par copier la reliure à la Bozérian avant de s’en
écarter, expérimentant des ornementations souvent complexes, exécutées
au fer, parfois à la plaque au centre des plats. A la fin de son
activité, en 1828-1829, il exécuta même des reliures à la cathédrale
dans le goût du temps.
À partir de 1820, Purgold reçut comme
ouvrier doreur dans son atelier Antoine Bauzonnet, alors âgé de 25 ans
et déjà solidement formé par dix années d’apprentissage dans le Jura.
Entre 1820 et 1825, Purgold s’associa avec un relieur anglais nommé
Hering, mais l’association ne dura pas. Purgold mourut en mars 1829,
laissant un atelier en pleine gloire à sa veuve, qui continua
l’activité, ainsi qu’à son ouvrier devenu son nouvel associé depuis
peu, Antoine Bauzonnet. Grâce à ce dernier, puis à Trautz, époux
d’Alexandrine Purgold, l’atelier fondé en 1810 perdura jusque sous la
IIIe République. |
L’atelier des Simier, Relieurs du Roi
René Simier, son fils Alphonse et son neveu Jean, originaires de
la Sarthe, créèrent l’un des ateliers les plus
renommés de Paris à la fin du premier Empire. Comme de
règle, l’activité était tournée, pour
partie, vers une reliure courante, sobre mais d’excellente
facture, et pour partie vers des œuvres d’art
commandées par les principales fortunes de France. Parmi les
commanditaires habituels de l’atelier Simier figurèrent
l’Impératrice Marie-Louise, seconde épouse de
Napoléon Ier, le Roi Louis XVIII, mais aussi sa belle-fille, la
duchesse de Berry, bibliophile de premier ordre. Relieurs officiels du
Roi, les Simier eurent l’honneur de relier les volumes
placés dans la statue équestre d’Henri IV
dressée sur le Pont-Neuf en 1818 pour expier les tueries de la
Révolution. Les motifs de l’atelier, d’abord proches
du style de l’atelier Bozérian où René
Simier fut formé, se distinguèrent rapidement en adoptant
des décorations variées.
La perfection technique des reliures issues de l’atelier –
qui compta jusqu’à 25 ouvriers – valut plusieurs
prix et distinctions aux Simier père, fils, et neveu. Bauzonnet
y fut admis comme ouvrier entre 1822 et 1825. L’activité
de l’atelier, fondé vers 1800 rue des Bons Enfants puis
rue Saint-Honoré, se poursuivit jusque dans les années
1860, avec la même renommée de solidité et
d’élégance.
Le préféré de Nodier : Joseph Thouvenin (1791-1834)
Thouvenin fut un artiste de génie et eut une carrière
fulgurante. L’influence qu’il eut sur toute sa
génération le place en tête des relieurs de son
époque. Il connut le succès très jeune : à
25 ans, il était déjà considéré
comme le plus grand, comme en témoignent ses nombreux prix aux
différentes expositions industrielles et concours artistiques
auxquels il participa. Formé dans l'atelier de François
Bozérian de 1802 à 1813, il exerça de 1813
à 1834, date de sa mort à 43 ans. Favorisé et
recherché par tous les bibliophiles, l'atelier de Thouvenin,
situé rue Saint-Jacques, puis passage Dauphine, pouvait recevoir
jusqu'à 3000 commandes par an, de France comme de
l’étranger. Malgré un personnel nombreux – 16
ouvriers – et l'usage des techniques les plus modernes, les
retards de livraison étaient de règle, au point de passer
en littérature : Balzac, dans la Grandeur et décadence de
César Birotteau, parle de « l'inexact et
célèbre artiste Thouvenin ».
A coté des productions sobres mais parfaitement
exécutées de son atelier, des demi-reliures qu’il
contribua à promouvoir, il eut aussi, à partir de 1829,
une production bibliophilique, où le décor, dit
« historiciste », veillait à correspondre
au contenu de l’ouvrage. Thouvenin créa ainsi
plusieurs types de décors : à la cathédrale
exécutée à la plaque ; à la fanfare, dont
le nom provient de l'ouvrage Fanfares et courvées abbadesques,
pour lequel, en 1829, Thouvenin réalisa pour la première
fois ce genre de décor foisonnant, à la demande de Nodier
; aux écussons, etc. Cette production, entre 1830 et 1834, le
rendit immensément célèbre au point qu’il
déclara : « Je ne date mon existence que depuis
1830 ». Mort prématurément, Thouvenin fut
imité, repris, et copié pendant près d’un
demi-siècle. Son successeur, Muller, un de ses
élèves, mourut en 1836. Koehler, un autre de ses
élèves, reprit en partie sa clientèle bibliophile.
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RELIURE DE THOUVENIN, 1825-1834
Maroquin brun à grain long, 211x136 mm.
Filets simple et triple dorés, roulette à froid, fleurons d’angle
Décor doré central, à la plaque
Dos à nerfs orné, tranches, chasses et coupes dorées
Gilbert
Œuvres complètes
Paris : Dalibon, 1823
Dole BM 19-M-123-R |
RELIURE DE THOUVENIN, 1825-1834
Maroquin brun à grain long, 211x136 mm.
Filets simple et triple dorés, roulette à froid, fleurons d’angle
Décor doré central, à la plaque
Dos à nerfs orné, tranches, chasses et coupes dorées
Gilbert
Œuvres complètes
Paris : Dalibon, 1823
Dole BM 19-M-122-R |