| Matières
et méthodes (1500-1800) : l'histoire et les techniques de la
reliure du XVIe au XIXe
siècle : les matériaux, le vocabulaire du
relieur, les types de reliures...
|
Un
cabinet d'amateurs : les plus belles bibliothèques de
collectionneurs
aux XVIIe et XVIIIe siècles : reliures
exécutées sur commandes, armoiries,
chiffres et blasons...
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Un
âge d'ors (1800-1850) :
Bauzonnet et la reliure romantique
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Les collections du Duc d'Aumale (1822-1897)
La plus importante collection de reliures signées par Bauzonnet
se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque du
Château de Chantilly, dans l’Oise. Cette
bibliothèque est née du legs fait à
l’Institut de France par le Duc d’Aumale, quatrième
fils du roi Louis-Philippe, de la totalité de ses biens, en
particulier sa bibliothèque riche de 13 000 volumes rares et
précieux. Sur ce total, environ trois cents reliures ont
été exécutées par Bauzonnet.
Pourtant, le Duc d’Aumale, né en 1822 et collectionneur
à partir de son exil en Angleterre en 1848, n’a
guère connu l’artiste pendant sa période
d’activité. La plupart de ses reliures Bauzonnet provient
d’une collection qu’il acquit en bloc en 1859 : celle
du collectionneur Armand Cigongne (1790-1859). Cigongne (prononcer
Cigogne) fréquentait, quant à lui, les Thouvenin, Simier
ou Bauzonnet, et leur commandait des travaux exceptionnels pour relier,
rétrospectivement, des ouvrages anciens dont la reliure
d’origine était détériorée.
Le maître mot de ces travaux extraordinaires est
l’adéquation entre la reliure et l’ouvrage
qu’elle protège. Plus le document est rare et curieux,
moins la reliure doit être commune, moins le décor doit
être ordinaire ; d’autre part, la reliure nouvelle
doit s’inspirer des motifs et rappeler des décors
contemporains du document lui-même : des motifs Renaissance
pour une pièce de 1550, des motifs classiques pour des
éditions elzéviriennes (du nom de l’imprimeur
hollandais Elzevier) du Grand Siècle, etc. C’est le
décor historiciste. Si le résultat garde la trace de sa
modernité, le décor, abondant et complexe, évoque
souvent un passé revisité, sans tomber cependant dans le
pastiche.
A ses débuts, Bauzonnet ne semble pas avoir beaucoup
relié dans le style dit historiciste. Mais, avec
l’accroissement de ces commandes de prestige, cette dimension
prit de plus en plus d’importance dans son art. Le succès
des productions de Thouvenin engagea d’ailleurs sa
génération dans cette voie. Fait exceptionnel, la
collection d’Armand Cigongne garde un témoignage de la
continuité entre Thouvenin et Bauzonnet : un ouvrage en
cinq volumes (IV-B-6 à 10) dont les deux premiers furent
commandés à Thouvenin, et les trois derniers,
après la mort de ce dernier en 1834, à Bauzonnet. Pour
exécuter cette commande, Bauzonnet dut se rapprocher du
successeur de Thouvenin afin d’en obtenir le matériel qui
avait servi aux deux premiers volumes.
La bibliothèque du Château de Chantilly garde
également la trace d’autres collectionneurs qui firent
travailler Bauzonnet : Yemeniz, le baron Pichon, Audenet on encore
Charles Nodier lui-même. Le Duc d’Aumale, qui prisait ces
reliures, racheta ces volumes dans les librairies et les ventes aux
enchères. Il devint à son tour un fidèle
commanditaire de l’atelier tenu par le successeur et gendre de
Bauzonnet, Georges Trautz, qui porta la renommée de
l’atelier à son sommet.
Consultez le
diaporama des collections de la Bibliothèque du Musée de Chantilly.