Le Livre dans la peau
Trésors de relieurs 1800-1850

Matières et méthodes (1500 -1800)


Matières et méthodes (1500-1800) : l'histoire et les techniques de la reliure du XVIe au XIXe siècle : les matériaux, le vocabulaire du relieur, les types de reliures... Un cabinet d'amateurs : les plus belles bibliothèques de collectionneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles : reliures exécutées sur commandes, armoiries, chiffres et blasons... Un âge d'ors (1800-1850) : Bauzonnet et la reliure romantique

Reliure et renaissance



Entre la reliure médiévale et celle de la Renaissance, la rupture est d’abord due à une profonde modification de l’objet livre en lui-même. Avec l’invention de l’imprimerie et l’usage du papier, qui remplaça le parchemin, les livres furent moins épais. Le carton fut utilisé à la place des ais de bois.
La multiplication des livres augmenta le travail des relieurs. De nouvelles techniques furent mises au point pour remplacer le système décoratif médiéval qui prenait trop de temps : apparurent ainsi l’estampage à froid, à la plaque et à la roulette ornée. Les motifs sont gravés dans des plaques de métal, qui sont imprimées (poussées) dans le cuir à l’aide d’une presse. La roulette est un disque de métal tournant sur un axe avec une fourche s'enfonçant dans un manche en bois. Sur le disque est gravé en creux ou en relief le décor répétitif.
Le décor doré fit également son apparition. La technique de la dorure sur cuir vient d’Orient ;  elle atteint l’Italie à la fin du XVe siècle. La plus ancienne reliure dorée en France date de 1494. Le cuir maroquiné apparaît en 1536 et devient le support idéal des décors dorés.
La technique est la suivante : le cuir, apprêté au blanc d’œuf, séché, est ensuite graissé avec un tampon imbibé d’huile qui retenait une feuille d’or. Sur cette feuille le doreur applique son fer gravé , qu’il a préalablement fait chauffer. Chaleur, pression et blanc d’œuf fixent l’or sur le cuir. Les fers s’inspirent des modèles italiens à feuillage, nommés les fers Alde en souvenir de l’imprimeur vénitien Alde Manuce.
Sur la tranche la feuille d’or est fixée à l’aide d’un apprêt de bol d’Arménie (argile) et de blanc d’œuf. On passe ensuite une pierre d’agate sur la tranche.  Celle-ci peut enfin être ciselée : c’est la tranche antiquée.
Jean Grolier (1479-1565), bibliophile et collectionneur donna une impulsion à la reliure d’art de son époque, art dans lequel se distinguèrent notamment Estienne Roffet et Claude Picques, deux relieurs parisiens.


Veau foncé veau brun Veau brun estampé à froid Veau avec décor estampé à froid
Reliure du  XVIe siècle en veau foncé, tranches dorées et ciselées, dos orné, plats décorés avec des filets, volutes et feuillages proches des reliures à la fanfare

Novum testamentum. Paris : typis regiis, 1568
[Dole, 16-P-99-R]
Reliure du XVIe siècle en veau brun à entrelacs peints, dos orné et tranches dorées

Horae in laudem beatissimae Virginis Mariae ad usum Romanum.
Paris : O. Mallard, 1541
[Dole, 16-P-115-R]

Exemplaire offert par Mme Pallu, l’épouse du bibliothécaire, à la Bibliothèque de Dole le 10 février 1847 le jour de son mariage
Reliure XVIe siècle en veau brun estampé à froid avec fermoirs en cuivre. Dos à 5 nerfs restauré

Biblia sacra : manuscrit du XIIe siècle sur parchemin
[Dole, Ms 16]
Reliure XVIe siècle en veau avec décor estampé à froid,
jeu de filets et de fleurons

Théodoret de Cyr (0393 ?-0466 ?).-Theodoreti Cyrensis episcopi de ecuratione graecarum affectionum libri duodecim Zenobio Acciaolo Florentino interprete. Paris : H. Stephani, 1519
[Dole, 16-G-199-R]