Le Livre dans la peau
Trésors de relieurs 1800-1850

Matières et méthodes (1500 -1800)


Matières et méthodes (1500-1800) : l'histoire et les techniques de la reliure du XVIe au XIXe siècle : les matériaux, le vocabulaire du relieur, les types de reliures... Un cabinet d'amateurs : les plus belles bibliothèques de collectionneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles : reliures exécutées sur commandes, armoiries, chiffres et blasons... Un âge d'ors (1800-1850) : Bauzonnet et la reliure romantique

Reliures du grand siècle



La reliure la plus courante est en vélin, dite à l’hollandaise. Utilisée par le hollandais Elzévier dès la fin du XVIe siècle, cette technique fut importée en France et prit le nom de reliure à l’hollandaise. La couture des cahiers est faite sur des bandelettes de parchemin, d’où des dos plats. Des claies de parchemin viennent renforcer le dos. La couverture en vélin est doublée d’un carton souple, débordant légèrement du corps d’ouvrage. Des lacets évitent la déformation du livre, devenu moins rigide.
La reliure précieuse était en maroquin, souvent armoriée. Les tranches étaient agrémentées de couleurs ou dorées. La jaspure provenait d’une projection de couleurs mêlées à de la colle. Au XVIIe siècle apparaissent les gardes de papier marbré. Sur le maroquin, les décors favoris sont :
- à la fanfare, jusque vers 1630. Le doreur utilise des roulettes dorées permettant un travail plus rapide qu’au siècle précédent.
- à la Duseuil : un encadrement de filets avec des fleurons aux quatre angles du filet central. L’appellation est trompeuse :  Duseuil, né en 1673, devint relieur du Roi en 1717, mais ce décor existait bien avant lui et fut en vogue durant tout le Grand Siècle.
- à compartiments géométriques : des filets forment des compartiments symétriques, mais chaque compartiment est rempli par un fer différent. La dorure couvrait alors presque tout le plat.
- à semis ou semé : un petit motif (chiffre, lys) est répété sur tout le plat, parfois en alternance avec un autre.
- à l’éventail : des roulettes ornées bordent le plat et au centre de celui-ci des motifs rayonnent à partir d’une forme circulaire. Aux angles se retrouvent les mêmes décors disposés par quart de cercle.
- à la grotesque (dos) : répétition ininterrompue d’un même motif sur le dos, d’une coiffe à l’autre.
Contre cet engouement pour la dorure, à la fin du siècle, une réaction vint des Jansénistes de Port-Royal. Elle rejeta toute ornementation des livres, même les filets. Marron foncé ou noir, la reliure janséniste présente des plats dépourvus de tout ornement, des dos où ne figurent que le titre et le nom de l'auteur, mais, parfois, une grande richesse de décor sur les gardes ou les doublures, à l’intérieur du livre.

Maroquin rouge rerum burgundicarum veau semé de fleurs de Lys
Reliure du XVIIe siècle en maroquin rouge dite "A la Duseuil" : double encadrement de triples filets à l'ancienne et fleurons d'angle, dos à 5 nerfs orné, pièce de titre, tranche dorées.

François de Sales (Saint ; 1567-1622).- Introduction à la vie dévote. Paris : Impr. Royale, 1651.
[Dole, 17-M-111-R]

Ex-libris : Bibliothèque Casimir de Persan
Reliure XVIe siècle en vélin aux armes et au chiffre du Président de Thou, encadrement des plats par un double filet, tranches dorées

Rerum Burgundicarum libri sex… Anvers : C. Plantin, 1584
[Dole, 16-G-55-R]
Reliure XVIIe siècle en veau avec un semé de fleurs de lys
sur les plats et le dos orné, encadrements à la roulette,
tranches dorées

Semedo, Alvarez (1568-1658).- Histoire universelle de la Chine.
Lyon : H. Prost, 1667
[Dole, 17-M-123-R]