Le Livre dans la peau
Trésors de relieurs 1800-1850

Matières et méthodes (1500 -1800)


Matières et méthodes (1500-1800) : l'histoire et les techniques de la reliure du XVIe au XIXe siècle : les matériaux, le vocabulaire du relieur, les types de reliures... Un cabinet d'amateurs : les plus belles bibliothèques de collectionneurs aux XVIIe et XVIIIe siècles : reliures exécutées sur commandes, armoiries, chiffres et blasons... Un âge d'ors (1800-1850) : Bauzonnet et la reliure romantique

Les relieurs des Lumières



Le XVIIIe siècle est une grande époque de la reliure : un siècle de virtuosité. D’ailleurs, le mot bibliophile (amateur de beaux livres) apparaît vers 1740. Les grands relieurs et doreurs parisiens rivalisent dans le décor mais aussi dans la perfection du corps d’ouvrage, la richesse des cuirs, des gardes, la dorure des tranches.

Les dos permettent de dater la reliure : Au début du XVIIIe chaque entre-nerf comporte un fleuron en forme de losange inspiré de motifs de broderie encadré de 4 fers d’angle.  Au cours du XVIIIe le fleuron central sera remplacé par une fleur. Une nouvelle couture dite à la grecque apparaît et permet le dos dit long sur lequel les nerfs, logés dans une gouttière, n’apparaissent pas en saillie. Vers 1780, l’influence anglaise apporte le style néo-classique dans la reliure. Les dos s’ornent alors de carquois, d’urnes, de corbeilles, de fleurs, d’oiseaux.

Comme au XVIIe les reliures armoriées sont en vogue. C’est souvent le seul décor des plats. Elles forment un médaillon central, plus ou moins orné. Elles disparaissent cependant à la fin du siècle.

C’est le décor à la dentelle qui exprime l’essence même du XVIIIe siècle avec sa légèreté imitée de la broderie et de la ferronnerie. Partant d’un simple encadrement le décor fait apparaître des petits fers dans les angles, puis au milieu des bords, jusqu’à obtenir une véritable dentelle qui s’avance de plus en plus vers le centre du plat. Les plus belles reliures de ce genre viennent des ateliers de Padeloup, Derome ou Dubuisson.

Le décor évolue du simple motif héraldique au début du siècle jusqu’au retour de la reliure mosaïquée, abandonnée depuis le XVIe siècle. Technique difficile, la polychromie s’obtient au moyen de cires ou de vernis posés à l’intérieur de décors dessinés au filet.

Les gardes sont parfois peintes sur fond d’or ou imprimées d’or, parfois de couleurs vives, ornées de fleurs ou d’oiseaux. Ces nouveaux papiers sont issus directement de la technique d’impression des étoffes à la plaque de cuivre ou à la planche de bois. En France, on connaissait déjà ces papiers sous le nom général de dominos. Les dominotiers du XVIIIe siècle savaient donner à leurs dessins une souplesse et un raffinement que n’avaient pas leurs prédécesseurs.

th3141
Reliure XVIIIe siècle en maroquin rouge avec un décor dit « à la dentelle », dos plat orné, pièce de titre en maroquin vert, tranches, chasses et coupes dorées

Mélin, Antoine-Jean.- Mémoires historiques concernant l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et l’institution du mérite militaire.
Paris : Impr. Royale, 1785

[Dole, 18-M-16-R]
Reliure XVIIIe en veau fauve, dos orné à 5 nerfs, tranches, coupes et chasses dorées. Triple filets sur les plats.

Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, par M. l'abbé Du Bos... [Livre ancien]. - 6e éd.. - Paris : chez Pissot, 1755. - 3 vol. : front., vignettes ; in-4°
Ex-libris Casimir de Persan

[Dole, TH 3141]
Reliure XVIIIe siècle maroquin noir « à la dentelle », dos à 5 nerfs orné, pièce de titre maroquin rouge, tranches, chasses et coupes dorées

Plans et journaux des sièges de la dernière guerre des Flandres rassemblés par deux capitaines étrangers au service de France.– Strasbourg : M. Pauschinger, 1750

[Dole, 18-M-21-R]